Comme si les paroles existaient déjà plus où moins

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C’est très compliqué, selon moi, d’expliquer comment tout ça fonctionne, mais les chansons d’Alice fonctionnent ! Le projet d’écriture de chansons est peut-être quelque chose d’instinctif mais sûrement pas intuitif. Que ce soit Le poème du crocodile, Là pour chat ! ou Autre chose que cette vie, l’écriture n’a jamais été la même à chaque fois.

Il y a une nuance entre un texte et des paroles. Me concernant, les premiers éléments que j’écris ne sont pas des paroles, mais du texte. C’est le résultat de la rencontre entre la musique et le texte qui donne les paroles.

A chercher les points communs et les différences dans la genèse de chaque chanson, je crois que les premiers mots viennent de quelque part mais ne viennent que si je suis seul. Je n’écris que très rarement en musique, ou alors avec une ligne de voix temporaire que j’invente en jouant a la guitare. Cette mélodie improvisée m’aide à simplifier, à trier, à assembler des idées que je viens d’écrire et qui peuvent se répéter. Je sais par la suite, que le texte sera intégré avec la musique et que le tout sera encore peaufiné, par les artistes le jour de l’enregistrement et encore davantage les soirs de représentation à force d’interprétations. C’est d’ailleurs toujours une joie immense de voir l’évolution d’une chanson dans le temps.

Quand je me mets à l’écriture, je pioche dans mon grenier à idées. Je ne compte plus la quantité de fichiers dans mon ordinateur. Le carnet et le stylo restent aussi les outils indispensables pour capturer le début d’une idée quand elle est là, et depuis quelques temps maintenant le téléphone portable avec son enregistreur vocal. En réalité je n’ai jamais peur de manquer d’idée mais plutôt d’inspiration. Je peux avoir une grande envie d’écrire mais si l’inspiration n’est pas au rendez-vous avec les idées, l’exercice devient compliqué et tellement décourageant ! Il faut toujours essayer d’aller au bout de la chose même si le résultat d’une soirée passée sur une demi-phrase semble maigre et décevant.

La chanson qui m’a pris le moins de temps a été Autre chose que cette vie. Avant de commencer à l’écrire, j’avais tout ce qu’il me fallait : la musique, la ligne de voix et le thème à aborder. Le soir où l’on s’est mis d’accord sur le thème qu’allait contenir les paroles, j’ai su sans difficultés ce que j’allais y mettre. Comme si les paroles existaient déjà plus où moins, dans un lointain souvenir, et qu’elles étaient nées tel jour à tel endroit !

Le poème du crocodile, est la chanson qui a été finalisée avant que toutes les autres n’aient été écrites. Après coup et sans avoir prévu la chose, j’ai eu des échos comme quoi cette chanson avait plusieurs lectures. Et c’est tant mieux ! Personnellement, j’aime beaucoup la fin de la chanson qui musicalement fait penser à James Bond !

Là pour chat !, m’a pris beaucoup de temps et m’a procuré beaucoup de plaisir. Dans (et pour) la forme, on s’est amusé à couper des mots en deux en plein milieu : la première partie d’un mot qui s’occupe de la fin d’une phrase et la seconde partie qui devient le début de la phrase suivante. J’ai conservé les différentes versions de cette chanson avant que la version finale n’émerge. Cette chanson est selon moi le mélange de paroles tristes sur une musique gaie. Il y a un goût d’amertume qui y flotte. Choisir un chemin c’est renoncer aux autres et choisir est un exercice difficile souvent. Mais bon… on fait avec et, l’un dans l’autre, le pont de la chanson est là pour témoigner sur un passage d’un accord majeur en mineur que « …les jours où tu jetteras un œil sur ton passé, que tu t’dises qu’après tout cette histoire ne s’est pas si mal passée ».

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